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Le coeur cousu

 
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Teiwas
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MessagePosté le: Ven 6 Jan - 07:43 (2012)    Sujet du message: Le coeur cousu Répondre en citant

Un de mes cadeau de Noel...premier roman de Carole Martinez
Citation:
Ecoutez mes soeurs ! Ecoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Ecoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes !' Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre : le coeur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement... Frasquita a été jouée et perdue par son mari
lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels... »


Je viens de le commencer,et si vous ne me voyez pas en ligne,c'est que je suis partie pour un walkabout* en Andalousie rire kiss

*Dans le monde anglophone, walkabout peut décrire le comportement d'une personne qui voyage, ou qui vagabonde souvent. rire rire rire
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MessagePosté le: Ven 6 Jan - 07:43 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Caresse
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MessagePosté le: Ven 27 Jan - 01:26 (2012)    Sujet du message: Le coeur cousu Répondre en citant

Ce livre a l'air très intéressant !!!

Bonne lecture.. kiss
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MessagePosté le: Sam 6 Avr - 02:29 (2013)    Sujet du message: Le coeur cousu Répondre en citant

Biographie Carole Martinez

Ancienne comédienne, Carole Martinez se recycle dans l'enseignement et devient professeur de français dans un collège d'Issy-les-Moulineaux. Elle profite d'un congé parental en 2005 pour se lancer dans l'écriture. Elle désire écrire "quelque chose qui soit entre le conte et le roman." Puisant dans les légendes de sa tradition familiale espagnole, elle brode ‘Le coeur cousu’ à partir des histoires que sa grand-mère lui racontait. Ce premier roman est un succès et Carole Martinez reçoit le prix Renaudot des lycéens en 2007, le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2007 (jury de jeunes lecteurs), Prix Ulysse de la première oeuvre 2007. Au début de l’année 2011, elle publie un roman policier pour la jeunesse, ‘L’Oeil du témoin’, après un premier essai publié à la fin des années 90, ‘Le Cri du livre’. Lors de la rentrée littéraire en septembre de la même année, ‘Du domaine des murmures’ vient combler l’attente de ses lecteurs adultes. Un roman pour lequel elle reçoit
le Goncourt des lycéens deux mois plus tard.


Citation:


Carole Martinez, le retour

Depuis la parution du Cœur cousu, Carole Martinez est à mes yeux un cas d’école. Une prof de collège parfaitement inconnue dépose le manuscrit de son premier roman à l’accueil, chez Gallimard. Il est publié en collection blanche, rafle une bonne demi-douzaine de prix littéraires, se vend à des dizaines de milliers d’exemplaires. Histoire peu croyable, quasi conte de fées, mais preuve en tous cas que la chose, aussi exceptionnelle qu’elle soit, peut arriver. Mais ce n’est pas là ce qui m’importe en l’occurrence. Le Cœur cousu est à la fois un ouvrage ambitieux et un roman très lisible, un texte superbement écrit et un récit palpitant. Bref, Martinez incarne à mes yeux l’écrivain qui peut devenir populaire sans renoncer à son exigence littéraire (ce qui est aussi le cas, dans un genre très différent, de Marie Ndiaye), en dehors de genres populaires en eux-mêmes, comme le policier, où l’on trouve d’excellents textes.

Publier un premier roman qui remporte un tel succès, aussi bien critique que public, peut légitimement faire trembler pour le second. Martinez ne serait pas la première à buter sur cet obstacle. Eh bien non : Du domaine des murmures, son deuxième roman, très différent du Cœur cousu, est une étonnante réussite. Etonnante par la difficulté surmontée : un roman qui se passe au XIIe siècle peut bien vite sombrer dans la pénible reconstitution historique. Ce n’est pas du tout le cas, et l’auteur, tout en faisant vivre un Moyen âge très plausible, nous épargne l’habituelle quincaillerie de la couleur locale.

Réussite étonnante également par la gageure : Martinez fait parler une femme emmurée vive, selon son propre souhait, comme cela se pratiquait au Moyen âge. Elle s’est vouée à Dieu, unique recours pour éviter un mariage qu’elle voulait éviter, mais aussi par un acte de foi authentique à l’origine. Le monde ne nous apparaît qu’à travers la petite fenêtre ménagée dans la muraille de son tombeau. C’est fou ce qui peut se passer dans un tombeau, c’est fou ce qu’on voit depuis un tombeau : les croisades, l’empereur Frédéric Barberousse, etc. Immobile, quasi aveugle, coupée de l’univers et des autres, l’héroïne n’en est que plus lucide. Comme Le Cœur cousu, Du domaine des murmures est un conte, qui ne joue du détour des siècles que comme la distance nécessaire à mieux envisager des questions telles que le désir, la filiation, la condition des femmes, la maternité. Mais jamais comme des pensums.

Le sort fait aux femmes au Moyen âge n’est que le miroir grossissant de celui qui prévaut aujourd’hui. La brutalité est encore là, le sentimentalisme comme masque du simple désir, la possessivité, l’honneur attaché à la virginité. Rares sont les textes qui envisagent avec autant de finesse la condition féminine, sans militantisme lourd, en se contentant de montrer, de l’intérieur, comment une femme peut vivre avec le réseau de désirs, de représentations, de discours, de regards, qui l’emmure dans son corps et peut la conduire à choisir l’enfermement absolu comme une défense. Martinez montre aussi à quel point les hommes peuvent être les victimes du système de domination qu’ils ont mis en place. Bref, s’il y a féminisme, il est sans misérabilisme, il n’exclut pas la compassion pour les bourreaux comme pour les victimes, il glorifie les corps, il est, surtout, plein d’allégresse, en dépit de la gravité du sujet.

Au-delà même de la condition des femmes, c’est des humains en général qu’il s’agit, des humains emmurés en eux-mêmes, qui regardent le monde et les autres à travers une petite fenêtre et voudraient sortir de la prison qu’ils se sont construite.

On pourrait faire deux ou trois reproches de détails à ce roman, s’étonner d’une servante qui emploie le verbe « sublimer », d’une épitaphe de l’héroïne rédigée dans un français proche du nôtre, quand le francien ou le latin, outre l’avantage du réalisme, auraient tout à coup suscitée une distance relançant le rêve, et nous rendant sensible le fait que ceux qui sont sous les tombeaux et nous semblent si lointains sont en réalité tout près de nous. Défauts inhérents aux qualités de ce texte magnifique, qui refuse le folklore de la reconstitution et évite de tomber dans le genre Puy du fou littéraire.

Peu d’écrivains français contemporains savent évoquer de manière aussi convaincante notre réalité la plus quotidienne, nos problèmes les plus brûlants à travers des images mythiques. Martinez est au-delà du réalisme borné, de l’autofiction confinée, du folklore historique en gros sabots. C’est tout bêtement une grande romancière, dans la lignée de Tournier, sans le côté trop étroitement masculin de celui-ci.

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