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H.D. Thoreau,Philosophe? Naturiste? futuriste?

 
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Teiwas
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MessagePosté le: Lun 8 Avr - 02:48 (2013)    Sujet du message: H.D. Thoreau,Philosophe? Naturiste? futuriste? Répondre en citant

Thoreau, le père de la désobéissance civile et ses enfants Par Bernard Quiriny - Le 05/04/2013





Une biographie, des rééditions en pagaille, et même une bande-dessinée… Mais d’où vient ce vent de folie autour de H.D. Thoreau, l’auteur de « Walden ou la vie dans les bois » ? Éléments de réponse avec son biographe, Thierry Gillybœuf.



Un auteur à la fois culte et inconnu
Thoreau (1817-1862) fait un peu partie de ces auteurs à la postérité paradoxale, que tout le monde connaît sans les avoir vraiment lus. Quand on évoque son nom, on pense au fameux livre sur la Désobéissance civile, à l’ermite qui se serait caché dans les bois pour fuir l’Etat et le monde, à l’ami de la nature et des Indiens natifs… Autant d’images qui, comme tous les clichés, comportent à la fois du vrai et du faux. Prenons la fameuse nuit que Thoreau passe en prison en 1846, après avoir refusé de payer ses impôts : « Une légende s’est forgée autour de cet événement », explique Thierry Gillybœuf, son traducteur et biographe. « Thoreau lui-même n’a aucunement cherché à l’entretenir, ajoute-t-il, et il convient de préciser que le texte que lui a inspiré cette mésaventure ne s’intitulait pas La désobéissance civile, titre qui lui sera donné après sa mort, mais Résistance au gouvernement civil ». Même aux États-Unis, Thoreau reste finalement assez méconnu. Témoignages ou portraits intellectuels mis à part, il n’existe d’ailleurs aucune vraie biographie en langue anglaise !





Un esprit phare pour la culture américaine
Tout en étant dans l’ombre, H.D. Thoreau reste un auteur culte pour toute une frange de la culture américaine, et son esprit (communion avec la nature, panthéisme, retrait du monde, tentation de la rébellion, individualisme, etc.) a imprégné d’innombrables œuvres et courants jusqu’à nos jours. « Ses héritiers sont des figures majeures et originales, explique Thierry Gillybœuf. La Beat Generation, par exemple, avec en premier lieu Jack Kerouac, s’en est ouvertement réclamée ». Plus récemment, « un film comme Into the Wild de Sean Penn montre bien que la personnalité et l’œuvre de Thoreau restent importantes aujourd’hui ». Côté littérature, l’héritier le plus direct de Thoreau est néanmoins le grand Jim Harrison, fasciné lui aussi par les grands espaces américains et par le mythe qu’ils charrient, celui d’une « Amérique originelle que Thoreau n’a cessé de rechercher et de ressusciter ». Plus largement, on pourrait tracer une ligne droite entre Thoreau et les différents auteurs de « l’école du Montana » (Rick Bass, Tom McGuane) à laquelle on rattache Harrison, ainsi qu’aux figures du nature writing mis en avant chez nous par un autre passionné, l’éditeur Oliver Gallmeister, à qui l’on doit notamment les romans de David Vann.
Le transcendentalisme, une philosophie à redécouvrir
Au-delà des grands thèmes, il ne faut pas oublier qu’il y a dans l’œuvre de Thoreau tout un arrière-plan philosophique, le transcendentalisme, auquel l’a initié son ami et maître Ralph Wado Emerson. « On a du mal à s’imaginer ce que pouvait être Emerson de son vivant, rappelle Gillybœuf. C’est le premier intellectuel américain à être connu en Europe et le père du transcendantalisme. Emerson en fut le théoricien, Thoreau le praticien ». Né à l’initiative d’anciens étudiants de Harvard et de pasteurs en rupture avec leur Église, le transcendentalisme tente de trouver une échappatoire au rationalisme en puisant à d’autres sources philosophiques : Kant, les mystiques anglais, Swedenborg et la philosophie orientale. « Le transcendantalisme insistait sur la différence entre les êtres, remarque Gillybœuf, et en ce sens, il exaltait une forme d’individualisme poussée à l’extrême ; quant à sa vision de Dieu, elle était en rupture nette avec celle de la religion judéo-chrétienne, puisqu’il relevait davantage d’une sorte d’Esprit universel omniprésent dans la Nature, qu’Emerson appelle la Sur-âme et Thoreau les Lois supérieures ».

Un précurseur des études ethnologiques
Encore un débat contemporain où la référence à Thoreau est incontournable : celui de la place des communautés indiennes dans les États-Unis d’aujourd’hui, de la défense de leur culture et des territoires qui leurs sont alloués. On ne le sait pas toujours, mais H.D. Thoreau fut l’un des premiers à se passionner pour les traditions indiennes, en partant du principe qu’ils furent les premiers occupants des terres américaines, alors même que l’Amérique de son temps n’en avait que pour la légende du Mayflower et des Pilgrim Fathers. « Thoreau, qui a longtemps caressé le projet d’écrire une sorte d’histoire complète de l’Amérique précolombienne, rappelle que l’Amérique n’a pas commencé avec l’arrivée des premiers hommes blancs, signale Thierry Gillybœuf. Pour lui, l’identité de ce vaste territoire, avec son West Wild, est intimement liée à celle de ses premiers habitants. En précurseur de Lévi-Strauss, il va à leur rencontre, consigne leur langue, collectionne des objets, ou bien en discute longuement avec son guide, Joe Polis ».
Un pionnier de l’écologie
Conserver les coutumes, les langues, les choses : autant de préoccupations qui classent Thoreau parmi les pionniers de l’écologie, et contribuent du coup à faire de lui un auteur éminemment moderne. Il suffit de jeter un œil à Walden, ou mieux encore au sublime Sept jours sur le fleuve, récit du périple qu’il entreprit en barque sur les rivières Concord et Merrimack avec son frère, en 1842 : chaque ligne y témoigne d’un amour fasciné pour la nature, dans ses aspects les plus grandioses comme les plus infimes. Thierry Gillybœuf révèle dans sa biographie que Thoreau fut d’ailleurs un naturaliste passionné (son herbier était splendide) et un amateur d’une rare curiosité. « Il allait voir les scientifiques pour discuter avec eux des lichens ou des méduses, il se passionna pour la théorie de Darwin et il aida Agassiz à établir le catalogue de la faune américaine, en lui fournissant des spécimens qu’il avait capturés ou péchés. Les travaux de Thoreau servent aujourd’hui encore en ce qui concerne la flore de Nouvelle-Angleterre ! »

Une œuvre à redécouvrir
Par où commencer pour lire ou relire Thoreau ? Tout le monde connaît Walden et la Désobéissance civile, mais son œuvre est loin de se limiter à ces textes-cultes. « Les forêts du Maine ou Cap Cod sont magnifiques et captivants, affirme Thierry Gillybœuf. Mais s’il ne fallait retenir qu’un livre, ma préférence irait d’emblée à Sept jours sur le fleuve, le premier des deux seuls livres qu’il a publiés de son vivant avec Walden, et qui, inexplicablement, n’avait jamais été traduit en français ». C’est chose faite grâce à lui désormais. Mais Gillybœuf ne s’est pas arrêté là, puisqu’il s’est lancé aussi dans la traduction du monumental Journal, un ensemble de 15 volumes, qui paraîtront à raison d’un tome tous les ans… Le premier, qui couvre les années 1837 à 1840, donne la mesure de la puissance poétique de ce work-in-progress qui est son grand œuvre, « la matière brute et vivante de tout ce qu’il a pu écrire ». Pour aller plus loin, on lira l’une des deux biographies parues ces derniers mois : celle de Gillybœuf, Le célibataire de la nature, un texte sobre, enthousiaste et très instructif qui dissipe pas mal de légendes, ou celle de A. Dan et Maximilien Le Roy, Thoreau, la vie sublime, qui retrace la vie de l’écrivain… en bande-dessinée.

Henry David Thoreau, le célibataire de la nature, de Thierry Gillybœuf (Fayard, 496 p., 22 €)
Thoreau, la vie sublime, de A. Dan et Maximilien Le Roy (Le Lombard, 88 p., 20,50 €)
Sept jours sur le fleuve et Journal I, 1837-1840 de Henry David Thoreau (traduit de l’anglais par Thierry Gillybœuf, Fayard, 464 p., 22 € et Finitude, 253 p., 22 €)
Marcher de Henry David Thoreau (traduit par Nicole Mallet, Les Mots et le reste, 80 p., 10 €)

Illustrations : planches issus de Thoreau, la vie sublime, A. Dan et Maximilien Le Roy © Le Lombard
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MessagePosté le: Lun 8 Avr - 02:48 (2013)    Sujet du message: Publicité

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